Absorber le moins de chaleur possible...
Son pelage, d'environ 2,5 kg,
isole le dromadaire de la température extérieure et ce d'autant
mieux qu'il est clair, donc apte à réfléchir le maximum de
rayons.
Il adopte aussi des attitudes qui le protègent du réchauffement :
en mouvement ou à l'arrêt, il se tient face ou dos au soleil
pour réduire la surface corporelle exposée.
Renvoyer le plus de chaleur possible
Le chameau n'a pas de couche de graisse
dans l'hypoderme pour retenir la chaleur interne. Son corps agit
comme un radiateur qui dissipe la chaleur. Cela lui évite
l'hyperthermie.
Au repos, dans la journée, il rejoint
un groupe de chameaux serrés les uns contre les autres. Comme sa
température interne est inférieure à celle de l'air, surtout
dans la partie basse de son corps un peu plus isolée par la
bosse, elle s'abaisse encore plus facilement.
Ce phénomène s'accentue la nuit
puisque la température est basse dans le désert (moins de 10 °C).
La déperdition de la chaleur accumulée dans la journée est
alors importante.
Le chameau a ainsi la faculté,
exceptionnelle pour un homéotherme
actif, de faire varier sa température interne entre 34 et 42 °C
quand la température extérieure varie de 10 à +50 °C. Ceci
fait que sa température interne va s'abaisser pendant la nuit
jusqu'à 34 °C.
Ce mécanisme a pour effet de retarder
l'élévation de la température pendant le jour.
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Un antitranspirant ? ...inutile !
Les centres nerveux thermorégulateurs du chameau ne sont
sensibles à une élévation de la température interne
qu'à partir de 40 °C. Le chameau commence alors à
lutter contre le réchauffement. Il a donc la faculté de
supporter des écarts de température interne de 4 à 6 °C
avant de se mettre à transpirer et à souffrir de
troubles liés à la déshydratation que cela occasionne.
Jusqu'à 40 °C, il économise de l'eau par défaut
de sudation.
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La courbe de température des chameaux
La température des chameaux
(en rouge)
s'élève avec la température extérieure
(en noir).
Le chameau ne transpire qu'au-delà de 40 °C.
La nuit, sa température descend à 34 °C,
ce qui retarde son élévation le jour suivant.
Graisse ou pas graisse ?
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La chaleur pénètre facilement
à travers la peau nue de
l'homme
(à gauche), mais
la graisse
préserve le corps du refroidissement. L'équilibre est
maintenu par l'évaporation de la sueur.
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Le chameau
(à droite)
a une température
interne plus élevée et
n'a pas de graisse ;
il perd aisément ses calories.
Les poils jouent le rôle d'isolant.
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Réduire les besoins en eau
Le chameau est un ruminant particulier dont
l'estomac est composé de quatre poches. Chez lui, la panse
contient non seulement des bactéries comme celle des autres
ruminants mais aussi des glandes digestives.
Les branches d'épineux et les feuilles
sèches, avalées sans être mâchées, sont stockées dans cette
grande poche où les cellules végétales voient leurs parois
riches en cellulose se dégrader en hydrates de carbone. Le
chameau régurgite de temps en temps des boules de nourriture
pour les mâcher longuement avant de les avaler. Leur digestion
se termine dans les autres poches et l'intestin grêle qui est très
long.
Lors de la décomposition par les bactéries,
une quantité de chaleur est produite. Une grande partie de cette
chaleur est éliminée par éructation mais cela surmène le système
thermo-régulateur et accroît les besoins en eau de
refroidissement.
On comprend alors qu'en période sèche,
la végétation étant rare, cette production de chaleur interne
par la digestion est réduite. La thermogenèse diminue donc et
les besoins en eau aussi.
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Récupération de la vapeur d'eau
Dans la chaleur, le chameau ne halète
pas et son rythme respiratoire est ralenti entre 8 et 16
mouvements par minute. Il exhale donc peu de vapeur d'eau.
En plus, il contracte les
muscles de ses narines pour refroidir la vapeur d'eau
quand même expirée. L'eau résultant de cette
condensation est réabsorbée par la muqueuse nasale.
L'air qui entre lors de l'inspiration
subit le même traitement et, quand la vapeur d'eau
se condense devant ses naseaux, les gouttelettes d'eau
constituées sont guidées jusqu'à la bouche par
les sillons de la lèvre supérieure.
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Un recyclage de l'eau !
L'eau qui circule dans l'intestin et les
reins est en partie réabsorbée grâce à l'action conjuguée de
deux hormones libérées en plus grande quantité : l'aldo-stérone
et l'ADH, hormone antidiurétique.
La réduction du volume sanguin par
manque d'eau, stimule la sécrétion d'ADH qui favorise, au
niveau de l'intestin, la réabsorption d'eau provenant des sucs
digestifs et des aliments. Les selles sont donc quasiment sèches.
Cette hormone augmente la perméabilité cellulaire et agit aussi
sur les reins pour favoriser la réabsorption de l'eau de
l'urine, des tubes urinaires vers le sang. La quantité d'urine
est aussi réduite au minimum.
La nourriture végétale apportant peu
de protéines, à l'inverse d'une alimentation carnée, le foie a
peu d'acides aminés en excès à dégrader en urée et acide
urique. L'urine, chargée de débarrasser le sang de ces
substances hautement toxiques, peut donc être très concentrée
chez le chameau.
En même temps, la quantité de sodium
diminue dans le sang et l'eau n'est pas fixée dans les tissus.
La pression sanguine diminuant, l'aldostérone est libérée pour
favoriser la rétention de sodium au niveau des reins et, en conséquence,
la fixation d'eau dans le corps.
Le renouvellement de l'eau
Les besoins en eau strictement nécessaires
s'ils ne sont pas apportés par l'eau et les aliments qui font défaut,
par quoi le sont-ils ? Les travaux de Knut et Bodil Schmidt-Nielsen
ont montré que le chameau vit sur l'eau drainée dans le plasma,
la lymphe interstitielle puis le cytoplasme cellulaire, mais
aussi sur celle qui provient de réactions chimiques de la décomposition
des graisses : c'est l'eau métabolique.
Une bosse bénie
Chez le dromadaire,
la graisse est en fait accumulée en
un seul point pendant la période où la nourriture est abondante.
Elle forme cette fameuse bosse qui peut peser jusqu'à 14 kg.
C'est une réserve énergétique que le
chameau brûle en l'absence de nourriture verte. Cette réaction
chimique lui apporte une petite quantité, mais combien précieuse,
d'eau métabolique : chaque kilo de graisse consommé apporte
2 litres d'eau métabolique.
La décomposition de la graisse produit
de l'hydrogène qui se combine au dioxygène absorbé par
inspiration pour former de l'eau.
En combinant cette eau métabolique avec
l'eau présente dans les cellules, la lymphe interstitielle et le
plasma, le chameau peut se comporter normalement pendant une
longue période, même en travaillant. Si le jeûne se prolonge
une quinzaine de jours, la bosse devient molle, rétrécit, peut
fondre de moitié et, si trop de graisse est partie, la
magnifique bosse devient un petit amas qui pend tristement sur le
côté du dos du chameau. Chez un vieux chameau, la bosse étant
pauvre en graisse, les conditions extrêmes sont mal supportées.
Sur une durée de vie de 50 ans, le chameau prend donc sa
retraite à 25 ans, le chanceux !
« La femelle et le lait »
La chamelle utilise aussi de
l'eau pour fabriquer du lait après la naissance, en période
humide, d'un petit ou de jumeaux, après 12 mois de gestation. Le
lait qu'elle produit est riche en potassium qui participe à la rétention
d'eau dans les tissus, si bien qu'un nomade n'a besoin que de 2
à 4 litres de ce précieux breuvage au lieu de 12 litres d'eau
par jour. Le lait contient aussi peu de graisse et de lactose
mais beaucoup de fer et de vitamine C. La chamelle en produit même
en période de sécheresse alors que les autres espèces (chèvres,
brebis et autres) s'arrêtent d'en produire. À chaque étape,
elle peut donc abreuver quelque assoiffé imprudent.
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