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The bat [1]
La chauve-souris [1]
: Nuit et silence
Night and silence
By Nicolle Mathé, Genista Informations No 303, May, 2004 (Strange animals)
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*****English version pending
Dès que les oiseaux cessent leur hyperactivité au soleil couchant, le silence s'installe. Finis les cris stridents, les
poursuites à grande vitesse. Dans le crépuscule, des bestioles sombres volent, silencieusement, de façon maladroite,
d'un vol saccadé, hésitant : ce sont des chauves-souris, seuls mammifères volants sur les 4300 espèces de mammifères
connues. On ne les voit ni le jour, ni en hiver et pourtant sur les 930 espèces répertoriées, 20 vivent en France !
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Des mains difformes
Les os de la main se sont modifiés au cours de l'évolution des
différents groupes de mammifères, l'anatomie des éléments s'adaptant à
différentes fonctions.
Chez les Chiroptères — du grec kheir (main) et pteron
(aile) — les mains se sont déformées pour aboutir à la formation d'une aile très
particulière : les métacarpiens II à V, effilés comme des rayons,
portent de longues phalanges.
Dans l'avant-bras, le radius, gros, et le cubitus, réduit à une
baguette, sont partiellement fusionnés. L'humérus, court, s'articule sur
l'omoplate. Une grosse clavicule renforce l'articulation de l'épaule et, dans
certains cas, il y a fusion des côtes supérieures. L'ensemble du bras a
effectué une rotation de 90° par rapport au bras d'un mammifère
quadrupède.
Une aile sans plumes
Une duplicature de la peau, appelée patagium,
relie tous les os du membre antérieur entre eux et au corps. Le pouce, garni
d'une griffe, reste libre. Sur les talons, une apophyse permet l'insertion du patagium
en englobant, ou pas, la queue.
Cette double peau, sans poils, fine comme du papier, est
élastique donc déformable, riche en nerfs et récepteurs tactiles, en muscles,
vaisseaux sanguins, glandes sébacées et sudoripares. En cas de blessure, elle
se cicatrise très vite.
Cette "aile" est actionnée par des muscles élévateurs insérés
sur l'omoplate. Les muscles pectoraux, qui abaissent l'humérus, sont fortement
accrochés au sternum qui a l'allure d'un bréchet.
Faite pour voler
Pour alléger le squelette, l'ossature est constituée d'os pleins
mais amincis et les pattes postérieures sont atrophiées.
Le poids du corps ne peut donc pas être supporté par ces pattes
d'autant plus qu'elles ont subi une rotation de 180° de sorte que les
genoux et les pieds, aux doigts identiques, sont inversés par rapport aux
nôtres. Leur flexion amène donc les talons contre le ventre, les cuisses
formant un angle de 90° par rapport à la colonne vertébrale.
La chauve-souris ne peut donc pas marcher. Elle se traîne sur le
sol ou sur le corps d'une victime, pour les vrais vampires, en se servant de
ses pouces courts. Il lui arrive de nager accidentellement et de reprendre son
envol à la surface de l'eau.
Un vrai vol
Le vol est actif avec une fréquence de battements
proportionnelle à la taille et à la forme des ailes :
• Avec des ailes étroites et longues (envergure de 15 à
170 cm), le vol aisé et rapide (jusqu'à 50 km/h pour le noctilion) s'effectue
au-dessus des arbres. La saisie des proies, pour les insectivores, se fait
alors en piqué.
• Avec des ailes larges et arrondies, le vol lent
et maladroit s'effectue à faible hauteur, entre les buissons, pour saisir les
insectes vivant sur les feuilles.
Pendant le vol, les pattes postérieures sont tendues ou
repliées. Le patagium, alors recourbé vers l'avant, forme une poche dans
laquelle un gros insecte peut être recueilli, morcelé avec les pieds puis
mangé, sans interrompre le vol !
Illustration : le Noctilion pêcheur.
Position de repos
Le jour, les chauves-souris se cachent dans les endroits
sombres, suspendues par les pieds.
Un tendon rétracteur des griffes,
situé dans une gaine membraneuse, est bloqué par la traction due au poids du
corps. L'accrochage, passif, ne fatigue pas les muscles.
Les ailes repliées sont peu visibles chez les vespertilions
alors que, chez les rhinolophes, elles enveloppent le corps.
La position tête en bas est peu confortable puisque les
chauves-souris, au repos, battent des ailes et changent de point d'accrochage.
Dans la même position nous aurions des œdèmes au cerveau !
Pour reprendre l'envol, il y a relâchement des griffes par
simple soulèvement du corps.
Illustration : Position de repos de la chauve-souris.
Besoins vitaux
En vol, le besoin en énergie est important pour assurer
le travail des muscles alaires donc le métabolisme doit être élevé. Pour
cela, le cœur est trois fois plus gros que celui d'un homme pour une
taille équivalente et il bat à 970 battements par minute, soit sept à huit fois
plus vite que chez un homme en plein effort.
Pendant le vol, la température du corps augmentant, le patagium,
qui offre une énorme surface d'échange avec l'air, favorise la perte de
chaleur. Le sang qui y circule activement se refroidit au contact de l'air
frais. Il favorise aussi la déshydratation ce qui explique le grand besoin
en eau de la chauve- souris.
Au repos, le rythme cardiaque s'abaisse fortement.
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