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Le tabac et le sport

Tobacco and its effects on the body of people practising sport

Les effets du tabac dans la vie quotidienne : incidences sur le sport [Genista]

Par Albert Callis, professeur de Médecine honoraire (Santé & Sport)

deux joueurs de football (dessin : Nicolle Mathé)
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[two football players (drawing : Nicolle Mathé] La nicotine provoque des troubles de la vigilance qui peuvent être néfastes à la pratique de certains sports. Pendant la traversée des muscles en plein effort, le sang reçoit les déchets de l'activité musculaire.
La température des muscles est élevée, ils produisent du gaz carbonique et des acides.
Le fumeur présente une résistance anormalement élevée à l'entrée de l'air dans les poumons, par diminution de calibre des bronches et des bronchioles.

Drogues : Tabac et santé en général



Dangers bien connus du tabac :
• cancer de la bouche, des joues, des lèvres, de la langue, des gencives, de la gorge, du larynx, de la trachée, des bronches et des poumons en général ;
• maladies des artères et du cœur ;
• diminution de la circulation sanguine ;
• bronchite chronique.


Responsables essentiels :



• la nicotine ;
• le gaz monoxyde de carbone (CO) ;
• les substances irritantes ;
• les goudrons cancérigènes.


Tabac et sport



• Le tabac provoque une augmentation du rythme cardiaque de repos (pouls élevé) accompagnée d'une augmentation de la pression artérielle maximale et minimale.
Ceci provoque une gêne chez le sportif dont le pouls de repos doit être le plus bas possible et la tension artérielle stable.

• La nicotine provoque des troubles de la vigilance qui peuvent être néfastes à la pratique de certains sports où l'attention est importante (sports de combat, sports mécaniques).


Monoxyde de carbone (CO)



• La fumée apporte du CO qui est un gaz responsable de troubles respiratoires.

• Il ne faut pas confondre le gaz monoxyde de carbone (CO) (1 atome de carbone et 1 atome d'oxygène) avec le gaz dioxyde de carbone (CO2) ou gaz carbonique (1 atome de carbone et 2 atomes d'oxygène).


Comment le sang transporte-t-il l'oxygène (O2) des poumons vers les muscles ?



• L'air inspiré arrive dans les alvéoles pulmonaires. Une partie de l'oxygène (O2) que cet air contient traverse la paroi des alvéoles et est prise en charge par le sang qui traverse les poumons. Pour transporter de grandes quantités d'oxygène, le sang le fixe provisoirement sur l'hémoglobine des globules rouges.

L'hémoglobine sans oxygène (Hb) a une forte affinité pour l'oxygène et elle se transforme en oxyhémoglobine (HbO2).

• On écrit pour simplifier que Hb + O2 —> HbO2.

• Le sang est ensuite propulsé dans les artères vers les muscles grâce à l'action du cœur qui se remplit et se vide de sang comme une pompe.

• Si l'oxygène transporté par le sang artériel restait fixé à l'hémoglobine, les muscles ne pourraient pas en profiter. Heureusement, quand le sang porteur d'oxygène traverse les muscles, l'affinité de l'hémoglobine pour l'oxygène qu'elle transporte diminue soudainement. Ceci facilite la séparation entre Hb et O2 (HbO2 —> Hb + O2). Dans ces conditions, l'oxygène (O2) libéré de son transporteur diffuse des globules rouges vers les cellules musculaires qui en ont besoin pour produire un maximum d'énergie.


Pourquoi l'hémoglobine laisse-t-elle partir l'oxygène qu'elle transportait ?



• Tout simplement parce que, pendant la traversée des muscles en plein effort, le sang reçoit les déchets de l'activité musculaire. La température des muscles est élevée, ils produisent du gaz carbonique et des acides. Toutes ces conditions musculaires locales diminuent l'affinité chimique de Hb pour O2.

• Par conséquent, HbO2 —> Hb + O2.


Chez le fumeur



Chez le fumeur qui inhale du gaz monoxyde de carbone (CO), il y a un problème car CO se fixe lui aussi très facilement sur l'hémoglobine pour donner la carboxyhémoglobine HbCO.

On écrit que Hb + CO —> HbCO

• Une mole d'hémoglobine a donc le choix, en présence des deux gaz, soit de transporter O2 dont les muscles ont besoin, soit de transporter CO dont la cellule n'a pas besoin.

• En chimie, deux molécules (ici Hb avec O2 ou Hb avec CO) peuvent se combiner selon leur affinité chimique. Or, il se trouve que Hb a 250 fois plus d'affinité pour CO que pour O2.


• Hb et CO se fixant très rapidement entre eux en HbCO, il restera moins d'hémoglobine pour transporter l'oxygène. Chez le gros fumeur, on peut trouver jusqu'à plus de 10 % d'hémoglobine piégée en HbCO.

• Dans les globules rouges du fumeur, il y a donc les deux formes d'hémoglobine : HbO2 et HbCO. La présence de HbCO va perturber la bonne hémoglobine chargée d'oxygène en l'empêchant partiellement de relarguer l'oxygène qu'elle transporte. En présence de CO, HbO2 a plus de difficultés à devenir Hb + O2.

Par conséquent, le tabac qui apporte le monoxyde de carbone (CO) dans les poumons puis dans le sang du fumeur, va diminuer l'apport d'oxygène aux muscles d'abord en se fixant sur une certaine quantité d'hémoglobine, et en plus en gênant la diffusion vers les muscles de la partie de l'oxygène correctement transporté.

• Le sang transportant moins d'oxygène, on dit qu'il y a « hypoxémie ».


Les irritants



Les irritants sont la cause de la bronchite chronique qui a des conséquences chez le sportif. En effet le fumeur présente une résistance anormalement élevée à l'entrée de l'air dans les poumons, par diminution de calibre des bronches et des bronchioles (petites bronches).

• Ainsi, pour recevoir une bonne quantité d'air en un temps donné, les muscles respiratoires du fumeur devront accomplir un travail plus important pour vaincre cette résistance. Les muscles ventilatoires du fumeur travailleront tellement plus que chez le non fumeur, qu'il leur faudra (pour leur propre travail) de 2 à 4 fois plus d'oxygène.

• Cet oxygène utilisé pour les besoins des muscles respiratoires va forcément manquer aux muscles qui sont utilisés pour le sport (membres).


Cyber@albert

Notes :
• Les muscles respiratoires surmenés chez les fumeurs sont le diaphragme et les muscles de la cage thoracique.
• Au cours de l'exercice, le diaphragme, les intercostaux externes, le scalène et les sternocleïdo-mastoïdiens sont actifs pendant l'inspiration.
• Les intercostaux internes et les abdominaux servent à l'expiration.
• Avec l'aimable autorisation de Albert CALLIS et www.eureka-sport.com.



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